Search for
Login | Username Password Forgot? | Email: | Create Account
Science | Entries: 4656 | Views: 364 | Modified: 1 month ago | | Add to My Feeds
Report

Dans cette étude, nous examinons deux pièces de Samuel Beckett : En attendant Godot et Fin de partie. A notre avis, ces deux pièces exemplifient l'absurde et l'angoisse inéluctable de la condition humaine. Nous avons choisi comme modèle méthodologique les sept critères proposés par Martin Esslin dans The Theatre of the Absurd pour définir ce qu'il appelle «l'absurde». Notre première partie examine le manque d'intrigue évidente, le manque de développement des personnages et le manque de dialogue pertinent. Ces trois critères distinguent l'absurde dans le monde théâtral de Beckett. Notre deuxième partie applique les quatre derniers critères d'Esslin, exploités afin de faire oublier provisoirement l'angoisse d'une situation impossible mais sans solution. Ce sont: le théâtre pur, la bouffonnerie, le non-sens verbal et l'onirisme. Nous ajoutons à ces quatre techniques celle de la répétition pour compléter la théorie d'Esslin par rapport à Beckett. Ce dernier aspect revient constamment et Beckett l'exploite tout autant que les quatre autres pour révéler que personne n'échappe à la souffrance.

L'application du modèle d'Esslin aux deux pièces de Beckett nous pennet de mieux comprendre pourquoi et comment les personnages souffrent. Ils sont constamment pris entre deux pôles: l'espoir et l'impossibilité de mieux, l'espoir et l'impossibilité d'une éventuelle évasion. La tension ainsi créée provoque l'angoisse perpétuelle des personnages qui cherchent sans cesse à échapper à une situation impossible mais qui n'évolue pas. Ce tiraillement constant s'étend aux spectateurs qui espèrent, malgré tout, une résolution heureuse. Enfin, on constate que la complexité de l'univers théâtral de Beckett révèle un monde contradictoire, incertain et sans solution, monde qui nous pousse à y reconnaître le nôtre et à prendre conscience de l'absurdité fondamentale de la condition humaine.


More from DigitalCommons@McMaster


^ Back To Top